Exposition « Le grand théâtre du vin – Toute une mise en scène! »

Introduction à l’exposition

Le grand théâtre du vin – Toute une mise en scène!

Voir… avant de boire! L’image du vin se nourrit de nombreuses mises en scène: l’esthétisme des vignobles, la starisation des vignerons, la transformation des espaces de dégustation en écrins lumineux… L’exposition du Musée du Vin explore les multiples facettes de ce « grand théâtre » au fil du temps. Le décor des caves et des paysages, les objets qui l’entourent et le marketing numérique sont autant d’éléments qui placent le vin sous le feu flatteur des projecteurs. La construction de l’image ne cesse d’évoluer, entre la pression de la concurrence et les exigences des consommateurs. Sa notoriété s’appuie sur les traditions et se réinvente dans le présent. Elle porte les traits particuliers du Valais, au cœur d’un monde globalisé.

Salle 1 – Les photographes et le vin

Introduction

Clics et déclics! Des photographes dans les vignes.

Une photographie est faite pour être vue. Sa composition met en valeur certains éléments et en exclut d’autres. Diffusées dans la presse, les expositions, ou encore sur les supports numériques, ces images participent à la construction d’un imaginaire de la vigne et du vin.

La sensibilité du photographe est essentielle. Sur le terrain, elle l’oriente et l’attire vers des éléments qui retiennent son attention.

Des photographes se livrent ici: Aline Fournier, Robert Hofer et Olivier Maire. Trois parcours singuliers. Trois regards portés sur un thème commun: la vigne et le vin en Valais. Pourtant, des ambiances très différentes se dessinent, tant autour des paysages que des acteurs du monde du vin.

Textes explicatifs

Robert Hofer est né en 1956 à Sion. Il obtient un CFC de photographe à l’École de photographie de Vevey en 1983. Depuis lors, il travaille dans sa ville natale. En 1989, il co-fonde l’Enquête photographique valaisanne et s’implique durablement dans ce projet. Dès 1995, il installe son atelier au cœur du centre artistique et culturel de la Ferme-Asile à Sion. Depuis 1981, il a exposé dans une trentaine de lieux différents, participé à la publication d’une centaine de livres, opuscules ou catalogues, dont Planète Valais en 2010 et Incertain regard en 2011. Ses photographies sont présentes dans plusieurs collections publiques et privées.

Il travaille comme photographe généraliste, s’intéresse à l’humain et au milieu artistique, et effectue des recherches esthétiques sur les plantes et les objets.

Aline Fournier est née en 1986 en Valais. Photographe indépendante depuis 2010, elle se perfectionne en parallèle dans la mise en scène: conception et création visuelle, installation, performance, vidéo et illustration. L’authenticité marque son travail de création, ainsi que sa recherche permanente de mise en scène des contrastes. Aline Fournier vit l’espace comme une scène du théâtre qu’elle façonne et organise en lui octroyant une identité culturelle particulière. Devenue sourde profonde à la suite d’une méningite à l’âge de trois ans et demi, elle vit l’absurdité au quotidien. Sa soif de communication ainsi que les frustrations inévitables qui y sont liées l’inspirent pour ses créations qui deviennent cathartiques et lui permettent de trouver l’équilibre. En 2020, elle poursuit son parcours avec un Bachelor en Arts à l’École de design et haute école d’art du Valais (EDHEA), et s’installe dans le quartier de Villa à Sierre.

Olivier Maire, né en 1966 à Neuchâtel, a passé une partie de son enfance à Genève, et vit depuis en Valais près de Sion. Photographe RP à ses débuts, Olivier a travaillé au sein de l’agence Keystone avant d’en devenir partenaire et de créer, en association avec Denis Emery, sa propre structure: l’entreprise photo-genic.ch Sàrl, née en 2005. Depuis fin 2018, l’entreprise se nomme « STUDIO 54 » et travaille avec plusieurs collaborateurs afin de proposer une permanence et un suivi pour les mandats de longue durée.

Livrant des images publicitaires et des portraits pour des institutions et des entreprises suisses, Olivier Maire a aussi réalisé des travaux personnels autour du corps humain et de l’idée de nature. Ses créations ont été exposées à plusieurs reprises. Ces démarches influencent désormais aussi le volet non artistique de son travail.

Olivier Maire continue d’expérimenter et de se spécialiser, notamment en proposant des photographies noir-blanc argentiques, également en photo aérienne, et de la vidéo. Ses mandats le font voyager dans toute la Suisse et quelquefois à l’étranger.

Contenu audiovisuel

Sur chaque face du pilier central triangulaire, écoutez l’interview de chacun des trois photographes.

Salle 2 – Étoiles du Valais

Introduction

Des vins et des étoiles.

L’Étoile du Valais constitue la plus haute distinction de la Sélection des Vins du Valais, le concours de référence des vins d’Appellation d’Origine Contrôlée Valais, et récompense huit producteurs de huit vins d’exception: Fendant, Johannisberg, Païen, Petite Arvine, Cornalin, Humagne Rouge, Syrah et Dôle.

C’est en 2007 que Les Étoiles du Valais sont nées. Depuis, chaque année, ces huit vins issus des meilleurs pointages dans leur catégorie sont mis en lumière dans une collection vendue à l’approche des fêtes de fin d’année. Et depuis 2012, une neuvième étoile est attribuée à une personnalité qui défend les valeurs de tradition, d’authenticité et de passion chères aux Vins du Valais.

Textes explicatifs

Libre cours à la créativité.

Une brochure artistique est jointe aux différentes collections et présente les vins lauréats et les producteurs.

Chaque année, depuis 2012, un photographe valaisan et un graphiste valaisan – qui ne se connaissent pas encore – sont choisis selon des coups de cœur et créent ensemble le livret qui accompagne les vins.

Pas de cahier des charges ni de briefing artistique. Un seul mot d’ordre: libre cours à leur créativité.

Voilà la collection des 12 livrets qui accompagnent Les Étoiles du Valais.

Objets exposés

Sur la gauche: les 80 bouteilles primées entre 2012 et 2019.

Sur la droite: quatre tonneaux.

Salle 3 – Les livres

Introduction

Prendre le temps…

Des livres comme une invitation à prendre le temps de regarder, de voyager… Des images qui témoignent de vies liées à la vigne et au vin. Travail de la terre, élaboration de crus, partages autour d’un verre de vin, instants festifs…

Des photographies et des mots qui témoignent de parcours riches sur plusieurs générations. Les images d’aujourd’hui sont les archives de demain.

Objets exposés

Six livres à la dispositions des visiteurs.

Salle 4a – Les réseaux sociaux: Instagram

Introduction

S’approprier le monde.

Des écrans entre les mains, des pluies de photographies et une obsession: que le cliché soit « aimé ». Le monde du vin n’échappe pas aux transitions numériques. Pour exister, dit-on, il faut être visible sur les réseaux sociaux.

Quelle est la présence du vin du Valais sur Instagram? Quels sont les thèmes, les photographies et les hashtags retenus pour modeler son image?

Vignoble, geste et nectar sont cadrés et filtrés dans le but de plaire. Des mises en scène souvent reproduites à grande échelle, prises dans des flux constants et visant la popularité.

Textes explicatifs

Publier

La grande part des publications sont générées par les milieux professionnels du vin: producteurs, œnothèques et restaurants, organismes de promotion, bloggers et médias. Les contenus sont variés et permettent de communiquer sur les événements organisés, les nouveaux produits, mais aussi les travaux de vigne et de cave.

Les consommateurs de vin agissent au second plan. Friands d’événements, de rencontres et de dégustations, leurs activités ont largement été freinées par la pandémie en 2020.

Vigne, raisin, vin

De nombreuses publications sont consacrées au vignoble. Ce dernier peut être présenté comme paysage productif ou comme paysage « naturel ». Emblème du Valais, les hautes montagnes prennent une place de choix sur les beaux clichés.

Les saisons offrent des opportunités pour animer les profils Instagram. C’est surtout le cas du grand rituel des vendanges, qui se prête particulièrement bien à la mise en scène. Mais les travaux de la vigne en cours d’année fournissent également des occasions: la taille du printemps, les vendanges tardives…

Les travaux de cave sont aussi mis en valeur: broyage, pressage, fermentation, mise en bouteille et vieillissement des vins. Il y a certes des images moins valorisées. L’automation de certaines tâches est peu montrée sur Instagram car elle risque de ruiner l’image « romantique » d’un savoir-faire traditionnel. Il y a, comme dans d’autres secteurs productifs, un écart important entre la réalité de la production et l’image promotionnelle qu’on souhaite montrer aux consommateurs.

Visages et identités

Plusieurs producteurs sont présentés comme de véritables célébrités avec des photos qui font ressortir leur passion et leur charisme, comme s’ils étaient des rock stars ou des champions sportifs. Photographiés dans leur milieu, et avec les objets typiques de leur profession, ces femmes et ces hommes attirent aussi l’intérêt des médias.

Ainsi, des visages sont présentés derrière les vins. En Valais comme ailleurs, leur aura est transférée aux vins qu’ils produisent. Un peu comme dans le milieu de la haute couture, le public apprécie qu’un créateur devienne le visage public de sa maison. Les entreprises vinicoles plus grandes et moins artisanales sont exclues de cette possibilité de communication. Leurs stratégies de marque peuvent certes mettre en avant des hommes et des femmes, mais seulement en tant que collaborateurs ou salariés.

Image de marque

De manière générale, toutes les images publiées par les producteurs sur Instagram visent un but commercial. Et ce, même lorsqu’elles vantent la beauté des vignobles ou le temps des vendanges. Dans ce cas, il s’agit de brand building, c’est-à-dire l’amélioration d’une notoriété et d’une image de marque.

Mais il existe aussi des publications exclusivement commerciales. C’est le cas chaque année, durant les ventes de Noël. Le mois de décembre est particulièrement intéressant pour ces pratiques. Concours, offres, nouveautés, simplification d’achats alimentent les profils Instagram en s’adressant directement aux consommateurs.

Objets exposés

Un iPad (non accessible) avec le hash #fendantduvalais sur Instagram.

Trois représentations graphiques des réseaux de hashtags #vinsuisse, #vinduvalais et #fendantduvalais sur Instagram.

Salle 4b – La vigne et le vin dans les archives

Introduction

Jusqu’à l’ivresse.

Les archives audiovisuelles conservées par la Médiathèque Valais-Martigny au sujet de la vigne et du vin se composent d’images d’archives familiales, d’une soixantaine de films publicitaires et de films d’entreprise tournés entre 1935 et 1980.

À visionner ces productions, le spectateur est surpris de l’unité qui se dégage d’un ensemble aussi hétéroclite. Au-delà de disparités de surface, relativement anecdotiques, tous ces films nous content la même histoire. Une histoire cyclique, faite de gestes immuables, reproduits à l’infini. Cette impression de boucle est générée de prime abord par la cadence des films. Ils donnent à voir un ballet incessant de charrettes, d’ânes et d’hommes, de véhicules, de caisses pleines puis vides de part et d’autre, et la danse des mains qui coupent, qui portent et qui renversent. La vigne est une fourmilière.

Sensation de boucle renforcée par l’évocation permanente du cycle des saisons, fil conducteur, ou en tous cas musique de fond, de nombre de ces productions.

Textes explicatifs

Côté production

La vigne – en tant qu’activité humaine mais aussi en tant que végétal – évolue au rythme qu’impulse la nature. À ce titre, la vigne doit se comprendre comme un processus, de la terre au verre. La boucle est si harmonieuse, si régulière, qu’on serait en peine de dire à quel moment précis la vigne se fait vin.

Sans l’être humain, pourtant, la boucle ne tournerait pas rond.

Une longue histoire unit la vigne et l’homme. La vigne, c’est la vie, la croissance, la profusion. L’humain, par des gestes experts, année après année, prodigue les soins, déploie les savoir-faire qui permettront à la vigne d’achever sa fascinante transformation.

Les archives audiovisuelles représentent la production du vin d’une génération de vignerons à l’autre. La boucle semble se faire courroie de transmission, garantissant la perpétuation des savoirs et des gestes.

Côté consommation

Boucle toujours, du producteur au consommateur. Les films publicitaires, s’ils décrivent avec force détail le processus par lequel les acteurs de la vigne produisent chaque année une nouvelle cuvée, font grand cas de sa réception. Boire du vin, c’est un plaisir bien sûr, mais un plaisir sérieux, qui requiert des connaissances. Le vin des grandes occasions ne doit pas se confondre avec le vin de tous les jours. Mais le vin sait aussi se faire lien social, en se jouant des différences. Jour de semaine ou soirée chic, le vin n’a qu’à changer de robe.

Dans la logique des cercles concentriques, la vigne s’inscrit dans une boucle plus grande. Celle de l’esprit du lieu. La vigne, c’est un élément de la culture locale. On peut citer, parmi tant d’autres composantes, la raclette, la religion, la politique ou le ski. Autre aspect de l’esprit du lieu, le paysage qui, pris dans la boucle, se voit transformé par la plante grimpante. Jaune en automne, nue en hiver, bourgeonnante au printemps et chargée de fruits en été.

Le temps défile

Au fil des ans, au fil des films, les gens ne sont plus tout à fait les mêmes. La mode évolue. Le son arrive, puis la couleur. Des évolutions sociales, discrètement, s’esquissent. Les camionnettes remplacent les ânes, la carafe élégante se substitue à l’antique channe, le travail s’industrialise. Mais rien ne semble devoir perturber la boucle qui, immuable, se soustrait aux effets du temps.

Contenu audiovisuel

Pour chacune des trois thématiques, écoutez une séquence vidéo à l’aide des écrans intégrés dans des tonneaux.

Salle 4c – L’œnotourisme en Valais

« Pour devenir un espace accessible au tourisme, le vignoble doit être balisé, équipé, embelli », Isabelle Raboud-Schüle, ethnologue.

Introduction

Il y a le ciel, le soleil et la terre… Le tourisme du vin en Valais.

Le Valais est le premier canton viticole de Suisse avec 4783 hectares consacrés à la culture de la vigne. Le potentiel touristique repose sur des atouts indéniables et un terreau favorable. D’une part, par l’existence d’un ancrage historique de la vitiviniculture en Valais, d’autre part, par l’attractivité de la culture œnophile.

L’alliance entre tourisme et vin est un assemblage que l’on retrouve de manière générale dans toutes les régions viticoles du monde. Il est connu sous l’appellation d’œnotourisme ou de wine tourism. Loin d’être une simple traduction anglo-saxonne ou francophone d’une pratique touristique, ces termes sont révélateurs de cultures différentes.

Textes explicatifs

Deux valorisations d’un même produit culturel

Œnotourisme et wine tourism se distinguent spatialement car ils s’enracinent dans des cultures différentes et possèdent des caractéristiques fortes. Cette dichotomie semble aussi le fruit de la mondialisation, de la concurrence entre les territoires viticoles et de visions stratégiques distinctes. La délimitation de ces deux modèles paraît en outre s’appuyer sur une construction historique différente.

Le modèle de wine tourism est présent dans les pays nouveaux producteurs de vin et se construit sur une stratégie marketing forte autour de cépages et de la mise en tourisme des caves, imaginée parfois dès leur conception.

L’œnotourisme est un modèle de tourisme vineux présent dans les vieux pays producteurs de vin, qui s’appuie sur un patrimoine ancien, l’attachement à un terroir et des systèmes de labels et d’appellations qui enracinent le produit vin à un territoire particulier.

L’œnotourisme en Valais: richesse culturelle et perspectives de développement

Pour en saisir les particularités et les richesses propres, il faut distinguer l’œnotourisme valaisan d’un œnotourisme alsacien ou d’un wine tourism californien. Il ne s’agit pas de superposer en Valais un modèle d’œnotourisme faisant fi de la culture locale et de son passé. L’œnotourisme valaisan peut, en effet, s’appuyer sur des atouts indéniables: le paysage typique, des liens avec une identité gastronomique forte, une culture locale riche et la pluralité de l’offre grâce à ses multiples cépages. Ces éléments, comme d’autres, participent à l’unicité de sa destination.

Convivialité, le mot d’ordre

Un forfait de dégustation dans une cave, une promenade guidée dans le vignoble, une pause réparatrice grâce à la vinothérapie, une folle dégustation mêlant conseils en image et cépages rares, une dégustation commentée couplée à une raclette ou à un plat valaisan…

De manière générale, les labels, associations et offres sont très variés sur le territoire valaisan. Le grand nombre de caves et d’acteurs du vin permettent de construire une véritable mosaïque d’offres, où certains préfèrent les classiques et d’autres redoublent de créativité pour se démarquer.

Des formations sont proposées aux acteurs du vin pour qu’ils puissent mieux organiser ce pan de leur activité.

Objets exposés

Deux vitrines contenant divers objets allant du tire-bouchon aux affiches publicitaires.

Salle 5a – Fêtes du vin

Introduction

Fêtes, foires, salons: le vin s’expose!

Le dix-neuvième siècle voit en Europe l’émergence de nouvelles manifestations publiques qui se distinguent des traditionnelles foires: les expositions. Ces événements s’organisent autour d’une thématique choisie: économique pour les expositions industrielles, agricoles ou artisanales; intellectuelles pour les expositions artistiques et scientifiques.

Dans les deux cas, les expositions développent une dimension pédagogique et explicative tout en intégrant, mais sur un plan secondaire, l’aspect commercial.

Pendant le dix-neuvième siècle, de tels événements sont organisés en Valais. Le paysage viticole valaisan et les produits des vignes sont exposés lors de manifestations locales comme les concours agricoles de Sion en 1869 et 1871.

Sur un plan national et international également, les vins valaisans sont présents, notamment à la troisième exposition suisse d’industrie, considérée comme la première exposition nationale suisse, organisée à Berne.

Textes explicatifs

L’Exposition cantonale de 1909

À Sion, pendant plus d’un mois, du premier août au 12 septembre 1909, a lieu la première exposition cantonale valaisanne. Trois ans après l’inauguration du tunnel du Simplon, cette grande manifestation veut présenter et promouvoir l’industrie du canton.

Pour faciliter son organisation, on décide de classer les objets exposés en trois divisions et treize groupes. Une place importante est accordée à la viticulture et à ses produits: le onzième groupe est celui des « Vins »!

Sur les 671 exposants, on compte 47 propriétaires-encaveurs et marchands de vin venus de tout le canton pour présenter leurs différents crus.

La Fête des Vendanges à Sion

La première édition de cet événement a lieu en 1934. L’accent est mis sur l’aspect festif avec la programmation d’un long cortège et d’une pièce de théâtre qui célèbrent tous deux le travail de la vigne. Une exposition des produits valaisans est également mise en place et dans les cantines montées pour l’occasion, on se restaure de délicieuses raclettes et on boit du vin. En 1934, la bière est interdite, fête des vendanges oblige!

Les fêtes sont reconduites en 1935, 1936 et 1937 malgré une certaine résistance de la presse qui ne comprend pas le but de cette fête, et de certaines associations catholiques qui en dénoncent l’immoralité: « Vous connaissez aussi bien les graves abus que la fête des vendanges a causés l’année dernière. Est-ce en multipliant de telles réjouissances publiques que l’on relève la moralité d’un peuple? »

Le salon Vinea

Au début des années 1990, la Jeune Chambre Économique de Sierre se lance dans l’organisation d’un nouvel événement avec le soutien de la Ville de Sierre, du canton et de l’Office de promotion de l’agriculture valaisanne (OPAV). L’objectif est d’offrir au Valais une manifestation entièrement dédiée à la vigne et au vin. La thématique de la rencontre entre producteurs et consommateurs est dès le départ au centre du projet.

Après une première édition en 1993 (25 exposants), la fête s’installe l’année suivante au cœur de Sierre, et offre l’opportunité à un large public de déguster plus de 500 crus présentés par 90 exposants. Le Salon a pour particularité de se dérouler en plein air. 2500 visiteurs sont au rendez-vous!

Aux amateurs éclairés et aux professionnels, VINEA propose des conférences et des ateliers de dégustations. Un concours récompense les meilleurs vins présentés.

En 1998, on inaugure le concours mondial du Pinot Noir. Il prend une importance internationale, comme en témoigne le nombre grandissant de vins étrangers qui viennent s’affronter (plus de 29 pays différents en 2019).

Les caves ouvrent leurs portes

Au printemps 2007, un nouvel événement est lancé sous l’impulsion de l’Interprofession de la Vigne et du Vin du Valais. Cette fois-ci, le lieu devient pluriel. Les Caves ouvertes ont un concept phare: ce n’est plus le vigneron qui se déplace sur un stand, mais le consommateur qui est invité chez lui pour découvrir sa production. Une formule propice à l’échange!

Les modalités d’organisation sont laissées aux producteurs qui décident de la manière dont ils vont accueillir leurs clients, des animations à la restauration.

Désormais, pas moins de 230 caves à travers tout le Valais ouvrent leurs portes à des visiteurs de plus en plus nombreux. Outre les amateurs de vins, les Caves ouvertes drainent un public jeune que l’on n’associe pas nécessairement à l’image du vin.

Objets exposés

Affiches, documents et publications officielles des différents événements.

Salle 5b – Les objets du vin

Introduction

L’art de boire.

Vin « de soif », vin de fête, vin de cérémonie. Profondément inscrite dans la culture valaisanne, la consommation de vin est partagée à toutes sortes d’occasions, des plus habituelles aux plus exceptionnelles. Si le vin perd sa vocation de boisson courante au cours des siècles, il gagne cependant en prestige.

L’objet est la matérialisation de pratiques et de représentations: la forme et la matière en disent beaucoup sur la façon dont la boisson est perçue. Les manières de boire reflètent des changements d’habitudes et de société à travers les siècles.

D’un gobelet tenu discrètement au creux de la main, on passe au verre à pied qui élève le nectar au rang d’objet de contemplation. Chaque objet détient sa vérité et ses références dans l’art de boire.

Textes explicatifs

Du bois pour le quotidien

Avant le vingtième siècle, le vin est la boisson principale des paysans-vignerons valaisans. Considéré comme un aliment au même titre que les potages, il « donne le coup de fouet » et « garde la force ». À partir du milieu du vingtième siècle, remplacé par la bière, les eaux minérales et les jus de fruits, le vin perd sa fonction de boisson énergétique.

L’usage du bois pour la fabrication des récipients à boire est caractéristique des régions rurales de montagne jusqu’à la première moitié du vingtième siècle. Les tonnelets en bois servent à emporter le vin à l’extérieur durant les travaux agricoles. Ils sont remplis à la cave au robinet du tonneau et bus aux champs à même le goulot.

Les gobelets en bois

Les gobelets en bois, appelés coupes, étaient utilisés à la salle communale et dans diverses cérémonies. Ils sont façonnés au tour. Leur forme est cylindrique ou légèrement tronconique, mais il existe une grande variété dans les détails du récipient: pied plus ou moins dégagé, moulures, cannelures…

De l’étain pour les grandes occasions

Le gobelet en étain est associé à la channe. Cette dernière était offerte en signe de mérite passé. Le gobelet constituait un cadeau d’encouragement. Aujourd’hui, ces récipients ont été remplacés et ne sont plus utilisés pour le service du vin. Le contact entre l’étain et le vin n’est plus ressenti comme optimal.

La disparition de l’usage d’un récipient est courante dans l’histoire. Il fut un temps où l’étain était considéré comme le matériau le plus neutre et le plus noble pour le vin. Ce matériau est maintenant détrôné par le verre.

Le verre et le rituel de la dégustation

Le vin change de statut à partir des années 1980. Le monde vitivinicole cherche à séduire le consommateur en lui présentant des produits de qualité. L’analyse sensorielle et la dégustation comparative sont vulgarisées afin que chacun prenne plaisir à reconnaître et à distinguer les vins.

Le verre, transparent, rend visible le vin. Sa robe est mise en valeur et le sens de la vue s’ajoute à la dégustation.

Les gestes pratiqués par les professionnels entrent dans les mœurs du public et influencent le mode de consommation. Il s’agit véritablement d’un savoir-vivre du vin qui prend sa place dans les usages.

Le verre de dégustation

Le verre de dégustation INAO est spécialement dessiné pour permettre une dégustation dans de bonnes conditions. Dès 1990, il devient le modèle courant pour le service du vin. Dès lors, les gobelets en verre pour servir le vin blanc sont abandonnés.

L’habitude de sérigraphier un logo ou le nom d’une manifestation maintient ce modèle de verre.

Aujourd’hui, le verre INAO est dépassé. Œnologues et verriers ont réfléchi ensemble à des verres qui révèlent au mieux le caractère du vin.

Salle 5c – Le jeu des profils de consommateur de vin

Texte d’introduction

Le vin comme on l’aime!

Le mot « Lafnetscha » vous évoque-t-il un cépage? Ou alors une destination lointaine?

Votre cave est un temple, vous y conservez des bouteilles de vin soigneusement sélectionnées? Ou seulement des bocaux de confiture…

La route des vins se confond pour vous avec la route des vacances? Ou peu importe le thème, tant que les paysages sont beaux…

Avec le vin, il y a autant de préférences que de personnes! Abstinent ou expert? Pour vous amuser, nous vous proposons de partir à la découverte de votre profil de consommatrice ou de consommateur de vin!

Textes explicatifs

Place au jeu! (Sans l’aide de votre accompagnant, ce jeu n’est pas accessible)

Tablette en main, prêt, partez! Répondez aux questions qui révéleront votre profil! Pas de panique, il n’y a pas de piège, ni de mauvaise réponse.

Une fois votre profil dévoilé… surprise! Vous découvrez votre « attribut » spécialement choisi en fonction de vos intérêts pour le vin. Il est composé d’un verre et d’un couvre-chef!

Amusez-vous en les portant et en prenant vos plus belles poses dans le décor de l’estaminet!

Vous pouvez utiliser vos appareils personnels. Les photographies prises avec la tablette du Musée seront publiées sur son compte Instagram. Rendez-vous sur @museeduvinvalais!

Salle 6 – L’architecture du vin

De l’emblématique carnotzet jusqu’aux formes les plus novatrices, l’architecture du vin en Valais évolue en même temps que son image.

Introduction

Le vin mis en scène.

La cave, dans sa définition première, est un lieu souterrain, et par conséquent discret. Mais quand elle peut se manifester à l’extérieur, en surface, tout devient permis. Il n’y a ni code, ni style caractéristique, ni tendances. Tout est ouvert aux prestations possibles du bâti, parfois de façon spectaculaire.

Il y a en quelque sorte toute une mise en scène. Et celle-ci est d’autant plus manifeste quand le lieu en impose par son faste. On reste impressionné: on déguste le décor, comme on déguste le vin. Dans bien des exemples et de façon de plus en plus systématique, on abandonne le « langage poutres au plafond » au profit d’un design contemporain.

De l’emblématique carnotzet jusqu’aux formes les plus novatrices, l’architecture du vin en Valais évolue en même temps que son image.

Textes explicatifs

Cave avec « pignon sur vigne »

En haut des escaliers, à gauche.

Certains producteurs ne se concentrent pas uniquement sur l’intérieur de leur cave, mais veulent la caractériser par une expression architecturale forte, audacieuse parfois, marquante en tout cas. La cave n’est plus simplement un lieu de travail. Elle devient une sorte de temple. Ses façades montrent ou démontrent qu’elle a « pignon sur vigne » et laissent penser que son vin est à la hauteur de son architecture.

Démonstrations et rivalités

Les propriétaires de caves aux vins de renom semblent rivaliser entre eux. C’est à qui aura la plus belle devanture. Ils font appel à des stars de l’architecture pour s’affirmer ou pour confirmer la valeur de leur produit grâce à une édification iconique qui crée en quelque sorte l’image de tel ou tel vin.

À l’échelle internationale, la cave contemporaine remplace ou défie le château historique, et le complète parfois. Dans le Bordelais, par exemple, nombreuses sont les réalisations qui en font la démonstration. C’est ainsi qu’à côté des châteaux historiques prestigieux, qui affichent la noblesse de leur vin, on trouve çà et là des réalisations contemporaines de caves spectaculaires.

Le carnotzet comme un temple

En haut des escaliers, à droite.

Le carnotzet représente l’être du vin, mystérieux et ésotérique – ésotérique étant pris dans son sens étymologique, c’est-à-dire de l’intérieur. C’est dans ce lieu quasi sacré que son propriétaire convie l’hôte à découvrir son vin.

Dans cet endroit magique décoré d’objets témoins du passé se constitue l’image du vin, son portrait pourrait-on dire, que l’on dresse à l’aide d’un vocabulaire fleuri.

Encore aujourd’hui, on y pénètre comme dans le naos d’un temple où les privilégiés entrent respectueusement et attendent dans le silence, avec ferveur, la venue du vin et les savants commentaires de son exégète.

Il faut un certain temps pour que les langues se délient. Dès cet instant, le visiteur ose également proposer son commentaire, discrètement, en quêtant l’approbation de son hôte.

Objets exposés

Divers objets dont des tonneaux modernes, des tonneaux anciens et un tonneau réservé pour le vin des glaciers.